Permaculture et Microferme maraichère : une alternative agricole entre mythe et espoir

Permaculture et Microferme maraichère : une alternative agricole entre mythe et espoir

Daniel Vivas est un ingénieur déserteur qui se présente lui-même comme « ancien ingénieur d’études des High Tech qui a pris la tangente depuis 10 ans ».

 

Depuis, il baigne dans la permaculture : après avoir été maraicher-permaculteur, il enseigne désormais les principes de la permaculture et de l’agroécologie dans un Centre de Formation Professionelle et de Promotion Agricole. Dans cet article, il explique les fondements de la permaculture avant de démontrer en quoi le mythe des « microfermes », notamment dans les versions lisses et médiatiques de l’écologie, ne représente en rien une alternative au capitalisme.

 

https://lundi.am/Permaculture-et-Microferme-maraichere-une-alternative-agricole

Tout savoir sur les microfermes urbaines

Tout savoir sur les microfermes urbaines

Les microfermes urbaines sont en plein essor.

Les auteurs de cette tribune rendent compte des premiers travaux de recherche sur ce phénomène de société dont les bénéfices sont encore mal évalués.

 

 

Baptiste Grard est chercheur postdoctoral, AgroParisTech – Université Paris-Saclay. Mathieu Ughetti est illustrateur, vulgarisateur scientifique, Inrae.


Objet de recherche récent pour les scientifiques, les microfermes urbaines sont aujourd’hui en plein essor, portées par un mouvement associatif, citoyen, entrepreneurial et politique relativement important.

Ces lieux associent différentes activités : projets éducatifs, production alimentaire, loisirs, etc. Ils constituent au cœur des villes des espaces végétalisés d’un nouveau type, susceptibles de fournir de multiples services écosystémiques (soit les avantages que la nature apporte à la société).

Mais le manque de connaissances actuel ne permet pas d’appréhender précisément l’importance de ces services.

Dans notre reportage BD, vous découvrirez cette forme étonnante d’agriculture en suivant les travaux du programme de recherche « Semoirs » qui a étudié deux années durant les services écosystémiques rendus par six microfermes dans Paris et sa petite couronne.

 


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Mathieu Ughetti, CC BYNCND

Claire Chenu, Claire-Sophie Haudin, Sabine Houot, Sophie Boulanger-Joimel, Laure Vieuble (Université Paris-Saclay, Inrae, AgroParisTech, UMR Ecosys) ; Christine Aubry, Patrick Stella (Université Paris-Saclay, Inrae, AgroParisTech, UMR SADAPT) ; Giulia Giacche (Exp’AU, AgroParisTech Innovation) ; Nastaran Manouchehri (Université Paris-Saclay, Inrae, AgroParisTech, UMR SayFood) ; Apolline Auclerc, Geoffroy Séré (Laboratoire « sols et environnement », UMR 1120, Inrae, Université de Lorraine) ; Jean‑Noël Consales (Université Aix Marseille, CNRS, UMR Telemme) ; Antoine Lagneau (Institut d’aménagement et d’urbanisme d’Île-de-France) et Anne-Cécile Daniel (Association française d’agriculture urbaine professionnelle) ont contribué à l’élaboration de la bande-dessinée.


Cette article a été initialement publié sur le site The Conversation.

https://reporterre.net/En-bede-Tout-savoir-sur-les-microfermes-urbaines

Ces cantines scolaires proposent des repas 100 % bio

Ces cantines scolaires proposent des repas 100 % bio

Des repas 100 % bio, 2 repas végétariens par semaine, des légumes cultivés dans une régie agricole locale…

Voilà ce que servent les cantines scolaires de Mouans-Sartoux.

Et en France, elles font figure d’exception.

 

 

Les cantines scolaires de Mouans-Sartoux se sont engagées à servir des repas 100 % bio et végétariens, issus de légumes cultivés dans une régie agricole locale… Voilà ce que servent concrètement ces cantines scolaires.

Dans le sud-est de la France, les 3 cantines scolaires de Mouans-Sartoux servent des repas 100 % bio et majoritairement locaux.

Tous les jours, les enfants ont droit à des produits de saison. « Nos pâtes, nos lentilles, du sel au vinaigre, à l’huile… Tout est bio », a assuré Sandrine Nemri, la cheffe cuisinière.

Pour les légumes, environ 85 % sont directement produits par la commune.

Au moment de passer au 100 % bio, il a été impossible pour les écoles de trouver des légumes locaux. Le maire a donc décidé que la commune de Mouans-Sartoux produirait ses propres aliments bio. En effet, les fruits et légumes sont produits à 1,5 km de la cuisine de l’Orée du bois.

L’initiative de repas 100 % bio au sein des cantines scolaires est « intéressant » économiquement : « On a créé 3 emplois d’agriculture et on entretient des espaces agricoles pour les générations futures », explique Gilles Pérole, adjoint au maire de Mouans-Sartoux.

Selon Gilles Pérole, les citoyens français attendent de la restauration collective une alimentation 100 % bio, 100 % locale et 100 % brute.

 

 

22/09/2019 08:26

https://www.brut.media/ces-cantines-scolaires-proposent-des-repas-100-bio

Un modèle de ferme bio intensive pour transformer l’agriculture mondiale

Un modèle de ferme bio intensive pour transformer l’agriculture mondiale

“Ce qu’on veut, c’est remplacer l’agriculture de masse par une masse d’agriculteurs”.

Une ferme à “échelle humaine” et rentable, c’est ce qu’a créé le québécois Jean-Martin Fortier qui souhaite montrer qu’une révolution agricole est possible.

Brut nature l’a rencontré.

 

Agriculture : une micro-ferme bio intensive et engagée

 

Au Québec, Jean-Martin Fortier a fondé les Jardins de la Grelinette, une micro-ferme bio intensive devenue un modèle du genre.

« L’idée, c’est de multiplier le nombre de petites fermes. Ce qu’on veut, c’est remplacer l’agriculture de masse par une masse d’agriculteurs qui font une agriculture de bienveillance », affirme Jean-Martin Fortier, agriculteur québécois. Il a fondé il y a 15 ans les Jardins de la Grelinette une micro-ferme bio intensive. Explications.

 

 

Jusqu’à 100.000 $ de revenus par hectare de légumes

Quand on vient sur ma ferme, il y a deux choses qui captivent totalement les gens : la beauté de l’endroit et sa petitesse. Il y a un étang, des niches écologiques pour les couleuvres, pour les oiseaux… Et il y a également des légumes qui poussent sur chaque mètre carré. On a maximisé l’espace de production. C’est à peu près la grandeur d’un terrain de foot.

Mais on réussit, même si la ferme est sur une petite surface cultivée – moins d’un hectare – à bien gagner notre vie. On génère jusqu’à 100.000 $ de revenus par hectare de légumes produits. C’est très rentable, très performant. Et puis, on réussit à avoir un impact dans notre communauté. Ça, c’est ce qui était important.

 

« On n’a pas de tracteur »

L’élément qui fait que notre ferme fonctionne bien, c’est qu’on n’a pas de tracteur. Pour un hectare on a quatre employés, et plus de 200 personnes qu’on nourrit. Si on multiplie cette ferme-là par 10.000, ce serait une contribution importante à l’emploi, surtout si ce sont des emplois en région, surtout si ce sont des emplois intéressants !

Moi, quand je suis dans le champ, ma journée, c’est écouter les oiseaux, c’est être avec mes collègues, c’est de faire de l’écologie appliquée. Je vais ramasser des carottes, des radis. Après ça, je vais aller faire un semis, je vais aller préparer le sol, je vais aller conditionner les légumes… Tu sais, dans ma journée, il y a pas de monotonie.

 

 

« Mon métier est coloré, dynamique, agréable »

On est toujours en train de varier les tâches. On va aussi vendre nos légumes directement. Des gens viennent nous remercier, ils nous disent : « Merci pour la salade, merci pour les belles carottes, merci pour pour le beau travail. » Tout ça en une journée, en une semaine. Je trouve que mon métier est coloré, dynamique, agréable, même si c’est difficile, même si on travaille dur.

Je pense que c’est un acte politique de prendre… j’allais dire les armes, mais c’est pas ça… de prendre les fourches ! De mettre ses bottes et d’aller au champ. C’est le retour en avant, c’est montrer par l’exemple, c’est arrêter de rouspéter et de faire les Che Guevara de salon. C’est se dire : « Moi, je fais, j’ai un impact, je contribue, je suis un acteur du changement, je suis un agriculteur, je suis fier, je fais un beau métier et je contribue à un monde meilleur. » C’est ça, le message qu’il faut donner pour que des jeunes s’y intéressent, pour que des gens sautent le pas, qu’ils deviennent des révolutionnaires agricoles. Il faut que ça s’accélère.

 

 

« Ce qu’on veut, c’est nourrir la communauté »

Souvent, certains émettent des doutes : « Est-ce que les micro-fermes peuvent nourrir le monde ? », « Est-ce que la France peut être nourrie par la multiplication des petites fermes ? » Trois choses. Premièrement, aujourd’hui, dans le monde, ce sont les fermes familiales qui nourrissent la planète. Tous les rapports de l’ONU le disent. Il existe un mythe selon lequel c’est la grosse agriculture industrielle qui nourrit le monde. Deuxièmement, c’est une fausse question ! On s’en fout de nourrir le monde, ce qu’on veut,

c’est nourrir la communauté, fournir le restaurant du coin, faire partie d’une « bio coop ». Il faut arrêter de voir trop large. Troisièmement, le modèle dominant, aujourd’hui, c’est un cul-de-sac. Il faut essayer autre chose.

 

 

« Notre modèle se multiplie à une vitesse intéressante »

Mais notre modèle de micro-ferme se multiplie à une vitesse intéressante. Les gens appliquent les mêmes méthodes, les mêmes techniques, les mêmes idées. C’est ça qui est beau : on peut s’établir sans avoir un parc de machinerie, sans avoir 50 hectares. On peut louer une terre, faire de l’agriculture en ville… Quand on travaille avec des outils manuels, c’est ça qui permet, finalement, de rendre le métier accessible.

Ce que je prédis, c’est que dans un avenir proche, il va y avoir ce qu’on appelle le « tipping point », : les anciens agriculteurs agro-chimiques voudront prendre leur retraite. Personne ne voudra prendre la relève d’une ferme qui pollue, d’une ferme porcine qui, finalement, n’est pas très intéressante à administrer ni à gérer. Au final, je pense que tous le nombre de jeunes qui veulent faire de l’agriculture écologique va augmenter. Quand on attendra ce point de bascule, j’espère que les politiques et nos élus vont favoriseront ce modèle agricole. C’est ce que j’espère, c’est pour ça que je travaille.

 

 

29/01/2020 20:14
Mon supermarché autogéré à Marseille

Mon supermarché autogéré à Marseille

Dernier épisode de cette série consacrée au projet d’ouverture du premier supermarché coopératif de Marseille, le « Super Cafoutch », une note d’espoir dans un contexte morose.

 

L’été 2020 avait été chaud au Mini Cafoutch, l’épicerie pilote qui doit donner naissance au Super Cafoutch, avec des tensions dans le collectif et des angoisses immobilières (voir l’épisode précédent), mais six mois plus tard, le projet de supermarché coopératif accumule les bonnes nouvelles.

Bien que les temps soient aussi durs qu’incertains pour les commerçants désormais soumis à un couvre-feu à 18h, la petite épicerie autogérée à cinq minutes du Vieux Port a réalisé en décembre son meilleur chiffre d’affaires en quatre ans.

Depuis début janvier, elle bénéficie de nouvelles forces vives en la personne d’Émeline qui y effectue un stage immersif de Pôle Emploi. Sa mission : « faire tourner » le Mini Cafoutch, chercher de nouveaux fournisseurs, autonomiser le travail… Et le projet compte désormais 558 coopérateurs.

 

DES SITES À L’ÉTUDE

Autre bonne nouvelle : les horizons immobiliers du futur supermarché autogéré s’éclaircissent. Non pas du côté du boulevard Rabatau, où le projet de reprise de la boutique de l’Eau Vive est finalement tombé à l’eau, mais dans un autre quartier proche du centre-ville, où un commerce alimentaire bio est à la recherche d’un repreneur.

Enthousiastes, les actuels propriétaires, avec qui des discussions sont en cours, seraient prêts à faire de la publicité au Super Cafoutch auprès de son actuelle clientèle. Une visibilité bienvenue pour atteindre l’objectif de 3 000 coopérateurs d’ici trois ans. Une solution pourrait même être trouvée pour transférer le Mini Cafoutch quasiment sans interrompre son activité. Mais rien n’étant encore décidé, les coopérateurs étudient aussi d’autres sites.

 

UN MODÈLE EN PROGRESSION

Alors qu’une pandémie mondiale a fait craindre le pire pour l’approvisionnement en denrées alimentaires, de plus en plus de citoyens s’interrogent sur leur alimentation et leurs modes de consommation. Loin des arcanes de la grande distribution, le Super Cafoutch et une trentaine d’autres supermarchés coopératifs en France montrent qu’il est possible de faire autrement, et de réussir à proposer à des prix raisonnables des produits de bonne qualité, éthiques, bio et locaux autant que faire se peut.

Premier supermarché coopératif en France, la Louve, créée en 2016 à Paris, est devenue rentable dès 2018 et emploie aujourd’hui une dizaine de salariés.

Pour démarrer, les projets de supermarchés coopératifs ont souvent besoin de subventions et leur objectif n’est pas de renverser la grande distribution. Selon l’Observatoire société et consommation, seul 1 % des Français les fréquentent (et 14 % connaissent le concept). Mais en pleine crise économique, cette niche progresse. Son modèle reposant sur une marge fixe (autour de 20 %), rendue possible par le travail « gratuit » des coopérateurs, indique la voie vers une solution pour une alimentation saine y compris pour les petits budgets.

 

IL Y A 150 ANS, DÉJÀ…

C’est d’ailleurs ce principe de solidarité qui a prévalu à la naissance de la première success story de l’histoire des coopératives alimentaires, il y a plus de cent cinquante ans, en Angleterre.

À l’époque, Charles Gide, théoricien de l’économie sociale et figure du mouvement coopératif, écrivait que les coopératives de consommation étaient « filles de la misère et de la nécessité ». En 1844, dans la banlieue de Manchester, la suspicion à l’égard des commerçants et l’explosion des inégalités avec la révolution industrielle avaient conduit 28 tisserands à monter une coopérative alimentaire, les « Équitables Pionniers de Rochdale ».

Un véritable engouement coopératif s’était emparé de la population : magasins, logement, assurance, écoles, prévoyance mutuelle… En 1890, les « équitables pionniers » comptaient 10 000 membres.

Quand les temps sont durs et les alternatives absentes, l’humain invente ses solutions et table sur la force du groupe. Elles sont peut-être locales et pas toujours évidentes à dupliquer, mais jusqu’ici, elles montrent qu’on peut naviguer à contre-courant de la grande distribution.

• Voir tous les épisodes de notre série sur la gestation du Super Cafoutch.

Par le

https://lejournalminimal.fr/mon-supermarche-autogere/

 

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