La loi de la banane

La loi de la banane

Comment, entre 1899 et 1989, l’United Fruit Company a planté des bananes en Amérique centrale et y a dicté sa loi.

Un éclairant retour aux sources d’une des premières multinationales.

 

 

Sur ce simple fruit s’est bâti un empire. Raconter l’épopée édifiante de la banane, entre l’Amérique centrale et les États-Unis, c’est revenir aux sources d’un modèle plus que jamais d’actualité – un capitalisme se jouant des frontières et des lois nationales pour assurer à ses actionnaires des profits maximaux, jusqu’à menacer la démocratie.

Quand elle apparaît au tournant du XXe siècle sur le marché nord-américain, la banane, denrée rare et chère, est réservée à une élite aisée. Minor Cooper Keith, entrepreneur visionnaire et dur en affaires, va faire d’elle un produit de consommation populaire, sur lequel il édifiera la première multinationale au monde.

Bâtisseur du chemin de fer costaricain, il promet au lendemain de la Première Guerre mondiale aux jeunes nations d’Amérique centrale un développement basé sur la monoculture et l’exportation de la banane, en échange de terres achetées à vil prix, souvent confisquées aux petits paysans indiens, de l’usage gratuit des lignes ferroviaires qu’il construit et d’une quasi-exemption d’impôts.

 

“Le Poulpe”
Née en 1899, l’United Fruit Company (UFC) constitue trente ans plus tard une puissance régionale incontestée, édictant ses propres lois sur d’immenses plantations qui s’étendent jusqu’en Colombie. “Le Poulpe”, comme on la surnomme, fait venir de Jamaïque une main-d’œuvre corvéable à merci, pourchasse les syndicalistes et fait pression sur les gouvernements des républiques “bananières”.

Quand, en 1933, quatre ans après la mort de Keith, un self-made-man né en Moldavie, Samuel Zemurray, alias “le tsar de la banane”, reprend les rênes du mastodonte, il amplifie ces méthodes, notamment grâce aux services du père des spin doctors Edward Bernays.

En 1954, avec l’appui du gouvernement Eisenhower, tous deux chasseront du pouvoir au Guatemala le social-démocrate Jacobo Árbenz Guzmán, coupable d’avoir nationalisé pour sa réforme agraire des milliers d’hectares de l’UFC. La guerre civile déclenchée alors fera plus de cent mille morts jusqu’en 1996…

Les multinationales d’aujourd’hui ont repris les pratiques inaugurées par l’UFC en Amérique latine : intégration verticale, poursuite du monopole, privatisation des ressources, évitement fiscal. La monoculture intensive d’un produit d’exportation, qui épuise les sols et empoisonne les travailleurs, reste elle aussi en vigueur dans une grande partie du monde.

Grâce à un montage d’archives rares, le film retrace près d’un siècle de règne sans partage. Des spécialistes (Geoffrey Jones, historien des multinationales à la Harvard Business School, Gaël Giraud, économiste à l’Agence française pour le développement, et la philosophe Cécile Renouard, enseignante à l’Essec) commentent cette histoire édifiante et en partie oubliée, illustration éclairante des dérives du capitalisme.

Documentaire

Réalisé par Mathilde Damoisel

France, 2017

Produit par Quark productions

Proposé par Arte

VF • Accès : France • Durée : 52 min

FANON, HIER, AUJOURD’HUI

FANON, HIER, AUJOURD’HUI

Qui était Frantz Fanon et quel est son héritage actuel ?

Psychiatre, militant de la décolonisation, auteur du livre “Les damnés de la terre”, Fanon est mort en décembre 1961 mais sa pensée irrigue de nombreux terrains de lutte à travers la planète.

 

Quels regards sur le penseur et homme d’action portent ceux qui luttent aujourd’hui sur différents fronts contre l’injustice et l’arbitraire. Le réalisateur fait voyager le spectateur du pays natal aux foyers de luttes politiques et sociales en passant par la terre ou il est inhumé. Au nord et au sud du monde, des activistes parlent de leurs combats et témoignent de leurs rapports à Frantz Fanon.

 

FRANTZ FANON

Frantz Fanon est né à Fort-de-France (Martinique – France) le 20 juillet 1925, meurt à Bethesda (États-Unis) le 6 décembre 1961 à l’âge de trente-six ans.
Psychiatre de formation, Frantz Fanon est un auteur et militant décolonial. Il est considéré comme l’un des principaux penseurs de la décolonisation et du rôle du tiers-monde.

Il s’engage à 18 ans dans les forces françaises antinazies pendant la Seconde Guerre mondiale. Il participe notamment à la bataille des Vosges. Démobilisé, il rentre en Martinique pour passer son baccalauréat. Grâce à une bourse, Fanon revient en France pour étudier la médecine et la philosophie. C’est à la fin de ses études au début des années cinquante qu’il publie son premier livre “Peau noire, masques blancs”, dans lequel il est question du racisme dans la société française.

Nommé à l’hôpital de Blida (Algérie) en 1953, il combat les théories racistes de l’École d’Alger de psychiatrie, fondée sur l’infériorisation des algériens « sans cortex ». Il rejoint le FLN à Tunis en 1957 ou il contribue au journal « El Moudjahid » et est nommé Ambassadeur du GPRA (gouvernement provisoire de la République algérienne) et chargé avec d’autres dirigeants d’ouvrir un front militaire au sud du Sahara. Atteint de leucémie, il parvient néanmoins à achever son autre œuvre majeure « Les damnés de la terre ». Il est enterré en Algérie.

On ne peut avancer résolument que si l’on prend d’abord conscience de son aliénation.
Nous avons tout pris de l’autre côté. Or l’autre côté ne nous donne rien sans,
par mille détours, nous courber dans sa direction, sans, par dix mille artifices, cent mille ruses, nous attirer, nous séduire, nous emprisonner.

Frantz Fanon, Les Damnés de la Terre

Le Réalisateur HASSANE MEZINE

Hassane Mezine, est photographe professionnel né en 1972.
En 2004 il enrichit son expérience de photographe sur le tournage du film « Algérie Tours/Détours » de Leila Morouche et Oriane Brun-Moschetti, en compagnie de René Vautier, l’indomptable cinéaste anti-colonial. Cette expérience sera un tournant photographique.
En 2015 il entame la réalisation de son premier documentaire « Fanon hier, aujourd’hui ».
En 2016 il est directeur de la photographie au Niger sur le tournage de la série « Delou » en 52 épisodes de langue hausa réalisé par Souleymane Mahamane.
Depuis 10 ans formateur en photographie numérique et multimédias à Paris, Il suit également l’actualité sociale en France et à l’étranger.

Site internet  : fanonhieraujourdhui.fr

 

PRESSE & VIDEOS

- Le Point :Le documentaire “Fanon, hier, aujourd’hui”

- Jeune Afrique : Hassane Mezine : « L’œuvre de Frantz Fanon n’a rien perdu de son intérêt et de son acuité »

- Bokantaj Frantz Fanon Guadeloupe

- TV5 Monde – Histoire – Sur les traces de Frantz Fanon

 

 

 

Documentaire Réalisé par Hassane Mezine

France, 2019 Produit par Hassane Mezine

VF • Accès : France • Durée : 1h26

Una Promessa

Una Promessa

Sous un soleil de plomb, au sud de l’Italie, Angela part avec d’autres travailleurs clandestins dans les champs, d’où elle ne reviendra pas.

Face à cette disparition tragique et mystérieuse, lancés dans une quête de vérité, son mari Giuseppe fait la promesse à leur fils Antò de lui rendre sa mère.

Revue de presse

Les Inrockuptibles : “Ce que le film réussit le mieux réside dans son approche charnelle, quasi documentaire (la faute aux deux beaux comédiens), d’une intimité et de la place qu’elle occupe sur l’échiquier de la société italienne.”

Télérama : ” Malgré certains passages du scénario sur le fil, la tension monte vers la tragédie, et le film redonne une dignité à ces personnages bafoués.”

Le Nouvel Observateur : ” Le film se termine sur une élévation absolument bouleversante, dans une nuit fiévreuse. Ce Magnificat final donne au film une dimension de grande œuvre.”

 

Fiction Réalisé par Gianluca et Massimiliano De Serio
Italie, 2020
Proposé par Universciné, Shellac
 
 
 
 
 
 
 
Durée : 01H44
Pour Sama

Pour Sama

Waad al-Kateab est une jeune femme syrienne qui vit à Alep lorsque la guerre éclate en 2011. Sous les bombardements, la vie continue.

 

Elle filme au quotidien les pertes, les espoirs et la solidarité du peuple d’Alep. Waad et son mari médecin sont déchirés entre partir et protéger leur fille Sama ou résister pour la liberté de leur pays.

 

Revue de presse

Libération : ” Héroïne, témoin, auteure, cameraman et coréalisatrice avec le Britannique Edward Watts de “Pour Sama”, la jeune Syrienne livre un récit intime de ces mois trop vite et injustement oubliés d’un basculement politique et humain du conflit syrien.”

Positif : ” Le vertige que procure le film tient à cette sensation de percevoir la ville s’effondrer mur par mur autour de nous, qui accompagnons ce couple de vaincus magnifiques. Mais il repose aussi sur la foi stupéfiante dont est investi l’acte même de filmer, quelles que soient les circonstances.”

 
Documentaire Réalisé par Waad al-Kateab, Edwards Watts
Grande Bretagne, 2019
Proposé par Universciné
VOST • Accès : France • Durée : 01H44
Bloody Sunday

Bloody Sunday

Le dimanche 30 janvier 1972, à Derry, en Irlande du Nord, Ivan Cooper est l’organisateur d’une marche pacifique pour l’égalité des droits entre catholiques et protestants, farouchement déterminés à éviter toute violence entre les différents protagonistes.

 

Mais malgré son dialogue avec les autorités unionistes et ses tentatives de négociation avec les forces de l’ordre britanniques, la manifestation se transforme en émeute : treize personnes sont tuées par l’armée.

Cette journée, désormais inscrite dans l’Histoire sous le nom de Bloody Sunday, marque le début de la guerre civile.

 

Revue de presse

 

Brazil : ” Nourri au documentaire, Greengrass se montre ici à la hauteur de ses illustres aînés, ainsi que de gens comme Costa-Gavras et son film tombe à point nommé pour nous rappeler à la vigilance face aux bras armés des pouvoirs aveuglés par le conservatisme et le manque de dialogue.”

L’Humanité : “Ne reste alors qu’à se caler dans son fauteuil et à revivre avec lui ce dimanche 30 janvier 1972, le film respectant l’unité de temps d’une journée, celle de lieu et celle d’action, hormis les actions secondaires destinées à redonner de la chair et à expliquer les motivations de ces héros grands et sinistres des deux camps tombés dans l’oubli si on les prend séparément mais demeurés collectivement dans la mémoire.”

Les Inrockuptibles : “Ni film à sujet ni vieille fiction de gauche, Bloody Sunday est un passionnant dispositif cinématographique qui restitue l’évènement sans le travestir. C’est aussi un excellent film de guerre.”

Libération : “Comment est-il possible que nous soyons tellement là-bas, il y a trente ans et au milieu du drame ? Parce que tout est vrai.”

 

 VOST • Accès : France • Durée : 01H51

Fiction Réalisé par Paul Greengrass

Grande Bretagne, 2002

Proposé par Universciné

Capitaine Thomas Sankara

Capitaine Thomas Sankara

Ce film dévoile le destin unique du président du Burkina Faso, de son élection en 1983 à son assassinat en 1987.

 

Révolutionnaire, féministe et écologiste, Thomas Sankara a transformé l’un des pays les plus pauvres du monde en défendant la voix des exclus jusqu’à la tribune de l’ONU pour réclamer l’annulation de la dette africaine. Ces archives étonnantes redonnent la parole à ce leader charismatique qui a marqué les consciences bien au-delà de l’Afrique.

 

 

Revue de presse

Télérama : “Passionnant documentaire sur le président du Burkina Faso, assassiné en 1987. Impossible de ne pas tomber en admiration devant ce révolutionnaire anticolonialiste, féministe et écologiste, qui rebaptisa son pays, lutta contre l’illettrisme et réclama l’annulation de la dette africaine.”

L’Humanité : “Ce documentaire aux accents certes hagiographiques demeure un document indispensable.”

Le JDD  : “Sans prendre parti, Cupelin révèle cette résonance universelle au fil d’extraits parfois abîmés mais forts, ravivant le souvenir d’une modernité dérangeante, face à laquelle Mitterrand s’avoua perplexe. Un voyage nécessaire et captivant.”

 

“Tuez Sankara, des milliers de Sankara naîtront !”

La-bas si j’y suis

Un entretien de Daniel Mermet avec : Rosa Moussaoui, journaliste à L’Humanité, Bruno Jaffré, auteur de La liberté contre le destin, un recueil de discours de Thomas Sankara (éditions Syllepse, 2017), Abdoulaye Traoré (guitare) et Mohamed Diaby (chant) du groupe Debademba – À ECOUTER ICI

Fiche technique

Réalisation : Christophe Cupelin
Image : Christophe Cupelin
Son : Philippe Ciompi, Christophe Cupelin
Montage : Christophe Cupelin
Musique originale : Fela Kuti, Lamine Soumano

Documentaire Réalisé par Christophe Cupelin

Suisse, 2012 Produit par Laïka Films, Akka Films

Proposé par Vendredi distribution

VOST • Accès : Monde • Durée : 1h30

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