À Narbonne, l’usine d’uranium, les cancers du poumon et beaucoup de questions

À Narbonne, l’usine d’uranium, les cancers du poumon et beaucoup de questions

Alors qu’à Narbonne, le taux de cancers du poumon mortels est supérieur à la moyenne régionale, les regards se tournent vers le site de purification d’uranium de Malvési.

 

Plusieurs études ont en effet relevé la présence d’éléments radioactifs dans l’environnement narbonnais. Des habitants réclament une large étude épidémiologique.

  • Narbonne (Aude), reportage

Le site de Malvési, à trois kilomètres du centre de Narbonne, est depuis soixante ans le principal point de passage de l’uranium distribué en Europe. Inauguré en 1959 par le général de Gaulle en personne, il reçoit le minerai en provenance du Niger, du Kazakhstan, de l’Ouzbékistan, du Canada et de la Namibie, qui, une fois purifié, est envoyé aux différents réacteurs du continent.

Depuis 15 ans, plusieurs études ont montré la présence continue d’éléments chimiques et radioactifs dans l’environnement du narbonnais. Pis, l’Agence régionale de santé (ARS) a mis en évidence une mortalité du cancer du poumon anormalement élevée dans la ville de Narbonne depuis 2004.

 

https://reporterre.net/A-Narbonne-l-usine-d-uranium-les-cancers-du-poumon-et-beaucoup-de-questions

 

Décolonisations

Décolonisations

un grand documentaire sur Arte

Oubliées et méconnues, voici les histoires dans la grande Histoire des Décolonisations.

Un documentaire sur ARTE dresse le portrait des combattants et des combattantes des empires européens.
 

https://loopsider.com/fr/video/decolonisations-un-grand-documentaire-sur-arte

Une fresque percutante à contre-courant

de l’histoire officielle des colonisateurs.

Comment synthétiser, en moins de trois heures, cent cinquante ans d’une histoire planétaire dont les non-dits, comme les dénis, réactivent au présent fractures et polémiques ?

Pour retracer ce passé occulté qui continue de concerner intimement chacun d’entre nous, les auteurs ont choisi de tisser chronologiquement grande et petites histoires, continents et événements, avec des partis pris percutants.

D’abord, en racontant l’histoire du point de vue des colonisés, ils prennent le contre-pied d’un récit historique qui jusque-là, si critique puisse-t-il être envers les crimes de la colonisation, reflète d’abord le regard de l’Europe colonisatrice.

Ensuite, parce qu’embrasser l’essentiel des faits intervenus sur près de deux siècles dans des pays aussi différents, par exemple, que l’Inde et le Congo relève de l’impossible, ils ont préféré braquer le projecteur sur une série de destins et de combats emblématiques, certains célèbres, d’autres méconnus.

De Lakshmi Bai, la princesse indienne qui mena la première lutte anticoloniale en 1857-1858, lors de la révolte des cipayes, aux vétérans Mau-Mau qui obligèrent en 2013 la Couronne britannique à reconnaître les atrocités perpétrées contre eux au Kenya soixante ans plus tôt, leur fresque en trois volets s’autorise l’ellipse pour mettre en évidence ces continuités et ces similitudes qui, d’hier à aujourd’hui, recoupent les lignes de faille de la mondialisation.

 

Dit par l’acteur Reda Kateb – dont le grand-oncle Kateb Yacine est d’ailleurs l’une des figures du combat anticolonial ici ramenées au premier plan –, le commentaire coup de poing déroule un récit subjectif et choral.

Portée aussi par des archives saisissantes et largement méconnues, des séquences d’animation, des extraits de films, de Bollywood à Nollywood,

et une bande-son rock et hip-hop débordante d’énergie, cette histoire très incarnée des décolonisations met en évidence la brûlante actualité de l’héritage commun qu’elle nous a légué.

Soy Cuba

Soy Cuba

La Havane, 1958

Cuba n’est qu’un vaste terrain de jeux pour riches américains et propriétaires terriens sans scrupules. C’est le règne de la corruption, de l’argent, de la luxure. Paysans et étudiants partisans de Fidel Castro se regroupent pour organiser la lutte.


Un film culte par un des plus grand cinéaste russe, en version restaurée.

 

VOST • Accès : France • Durée : 02H23
Fiction Réalisé par Mikhaïl Kalatozov Cuba, 1964

 

 A travers quatre histoires qui renforcent l’idéal communiste face à la mainmise du capitalisme, Soy Cuba dépeint la lente évolution de Cuba du régime de Batista jusqu’à la révolution castriste.

Pedro travaille dans les champs de cannes à sucre. Au moment d’une récolte qui s’annonce fructueuse, le propriétaire des terres lui annonce que sa maison et des terres ont été vendues à une société américaine…

A l’université de La Havane, Enrique fait partie d’un jeune groupe d’opposants au régime de Batista. Il s’apprête à assassiner un policier, mais au moment fatidique, le courage lui fait défaut…

Dans la Sierra Maestra, Mario et sa famille vivent pauvrement. Après avoir accueilli un jeune soldat luttant aux côtés de Castro, Mario et sa famille sont bombardés sans raison apparente par les forces aériennes de Batista…

 

A propos du film

Mikhaïl Kalatozov est un des cinéastes les plus importants du cinéma soviétique. Avec son chef opérateur Sergueï Ouroussevski, ils ont réalisé non seulement des prouesses à la caméra et à la photo (qui le restent encore aujourd’hui) mais surtout de magnifiques films, inoubliables dont son autre chef d’oeuvre Quand passe les cigognes.

Soy Cuba est un film majeur, tourné pendant des années, par un cinéaste russe qui tombe totalement amoureux de l’île (où il passe aussi beaucoup de temps à faire la bringue !). Le film marque une rencontre entre la culture russe et cubaine et c’est tout simplement magnifique.

Au départ, il s’agissait d’une commande de l’URSS de Khrouchtchev. Pourtant, à sa sortie, le film ne plaira ni aux autorités cubaines (qui le trouvent trop russe), ni aux autorités russes (qui le trouve trop cubain).

Il sera interdit aux Etats-Unis. Le film tombera dans l’oubli jusque qu’en 1992 au festival de Telluride (USA). Martin Scorsese et Francis Ford Coppola, sous le choc de leur découverte, parrainent alors la sortie en salle.

Le film est devenu un classique, mais il reste d’une modernité saisissante.

 

https://www.cinemutins.com/soy-cuba

The Black Panthers Party

The Black Panthers Party

L’histoire captivante de l’une des organisations les plus subversives et controversées du XXe siècle.

D’inspiration marxiste-léniniste, les Black Panthers s’imposèrent comme une alternative radicale au mouvement des droits civiques porté par Martin Luther King.

Mêlant archives rares et nombreux témoignages, une plongée coup de poing au cœur du “Black Power”. Oakland, Californie, 1966.

Un an après les émeutes de Watts, à Los Angeles, deux étudiants, Huey P. Newton et Bobby Seale, fondent un collectif d’autodéfense pour surveiller les actions de la police dans le ghetto noir.

En devenant, la même année, un mouvement politique de libération afro-américaine, le Black Panther Party (BPP) se fait le porte-voix d’une communauté brutalisée dans une Amérique dominée par les Blancs.

D’inspiration marxiste-léniniste, l’organisation s’impose comme une alternative radicale au mouvement des droits civiques porté par Martin Luther King.

En parallèle à ses “programmes de survie” (petits déjeuners gratuits pour les enfants, dispensaires…), elle revendique un penchant pour l’insurrection.

Slogans, coupe afro, poing levé : les Black Panthers ouvrent un nouvel imaginaire de lutte pour la communauté noire.

Le FBI, effrayé par l’aura du mouvement, y compris auprès de la jeunesse blanche, intensifie le contre-espionnage.

L’arrestation de Huey P. Newton, mis en cause dans l’assassinat d’un policier, déstabilise l’organisation. En 1968, en réaction au meurtre de Martin Luther King, son porte-parole Eldridge Cleaver refuse de se rendre après un duel avec la police.

Il s’exile à Alger et y crée la section internationale du parti.

“Give More Power to the People”  

De son avènement au cœur des sixties à sa chute impitoyable, le réalisateur Stanley Nelson retrace l’histoire captivante et méconnue des Black Panthers.

Luttant contre la suprématie blanche et le capitalisme, ses membres ont marqué l’imaginaire collectif par la radicalité de leur militantisme, leur rhétorique à la fois agressive et fédératrice mais aussi leurs codes vestimentaires et leur manière révolutionnaire d’occuper l’espace public.

Au son seventies et groovy du titre “Give More Power to the People” des Chi-Lites, ce documentaire restitue la beauté rageuse du mouvement sans occulter ses tourments et parts d’ombre – violence et bataille d’ego – au moyen d’archives colossales et d’interviews fouillées de militants, d’agents du FBI ou d’historiens.

Il rappelle aussi que son point de départ – la violence policière – est toujours d’actualité.

Black Panthers      Documentaire de Stanley Nelson

(Etats-Unis, 2020, 54mn)

La partie II du film :

Dans les Bois…

Dans les Bois…

La neige, la sueur, la testostérone et le bruit des tronçonneuses. Tous les quatre ans, pendant trois mois en hiver, du bois est coupé dans une montagne escarpée au-dessus du lac Ägeri et préparé pour le rafting.

En Suisse, ni l’évolution économique ni la technologie n’ont pu remplacer cet artisanat traditionnel et durable.

court-métrage documentaire

de Thomas Horat et Corina Schwingruber Ilić, ( mythenfilm.ch)

contacts : Corina (corthafilm@gmail.com) ou Thomas (thomas@mythenfilm.ch)

Le documentaire d’observation possède le pouvoir unique de transporter un spectateur dans un monde étranger. Dans la première de Staff Pick de cette semaine, les cinéastes Corina Schwingruber Ilić et Thomas Horat nous emmènent dans les bois froids et escarpés au-dessus du lac Ägeri en Suisse et nous mettent au travail aux côtés de bûcherons pratiquant leur métier traditionnel.

Nous regardons l’équipe d’hommes manœuvrer les rives enneigées à l’aide de lourdes tronçonneuses, de crochets et de crics pour abattre d’énormes arbres et les envoyer voler vers le lac en contrebas comme des trains de marchandises en fuite. Ces bûcherons comparent leur métier à celui d’un agriculteur qui récolte des fruits ou des légumes ;

ils retournent au lac Ägeri tous les quatre ans pour sélectionner les arbres qui ont atteint l’âge approprié pour être abattus, tout en créant un nouvel espace dans la forêt pour que la lumière du soleil puisse passer et que les jeunes arbres puissent pousser.

Parmi le silence mort de la forêt et le sifflement des tronçonneuses, vous vous rendez compte de la quantité d’habileté et de pratique que nécessite cet artisanat suisse.

Les enjeux sont élevés et il est trop dangereux de s’en approcher avec la moindre imprudence : les arbres sont grands, lourds et lorsqu’ils tombent sur la rive escarpée du lac, ils se déplacent très vite.

Les bûcherons tiennent donc compte de l’angle de leurs coupes, du chemin que les arbres vont inévitablement emprunter pour tomber et glisser, et du moment où tout cela va se produire.

Pour Horat et Ilić, ils décrivent le processus de documentation comme passionnant et intéressant “pour sentir le danger [dont les bûcherons] n’ont jamais parlé”.

Mais au milieu du danger et de l’intensité, il reste une beauté dans le métier et la camaraderie entre les hommes, car ils sont capables de travailler dans un isolement complet du reste du monde.

Les choses que l’équipage voit et entend lors d’une journée de travail normale ne sont, jusqu’à présent, partagées qu’au sein de leur petite équipe.

Pour Horat et Ilić, une force majeure dans la création du film a été cette opportunité de documenter un métier qui “est presque éteint dans tous les pays d’Europe”.

Nous, les spectateurs, sommes en mesure de puiser dans une culture unique et de la comprendre. Alors que “Dans les bois” s’achève et que la caméra quitte la forêt pour la première fois afin de révéler un plan aérien de tous les arbres tombés disposés symétriquement sur le lac, il montre l’ampleur du travail accompli – offrant un peu de la satisfaction d’un travail bien fait que les bûcherons doivent ressentir. Cela fait du bien.

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